En dĂ©pit d’une histoire très riche et ancienne qui n’exclut pas les jeux, les « pouvoirs » asiatiques modernes ont instaurĂ© depuis plus d’un siècle un rĂ©gime très dur sur les formes institutionnalisĂ©es des jeux nommĂ©s « de hasard ». l y a aussi les pays et les rĂ©gions qui font exception Ă  la règle – des exceptions que nous connaissons tous – Singapour et Macau. Par contre, d’autres pays de la rĂ©gion, tels le Japon ou la Chine se sont fait de l’interdiction des jeux une vĂ©ritable tradition. Au Japon, par exemple, les jeux de casino gratuit ont Ă©tĂ© largement interdits au cours des 150 dernières annĂ©es. Toutefois, la lĂ©gislation rĂ©cente pourrait mener Ă  un dĂ©gel qui apportera l’ouverture du marchĂ© japonais aux casinos et aux jeux en ligne: un marchĂ© qui pourrait produire 130 millions de dollars par annĂ©e.

L’ouverture qui s’annonce sera bĂ©nĂ©fique autant pour les casinos, que pour les joueurs, puisqu’il y aura plus d’argent Ă  jouer avec plus de profits qui seront rĂ©investis dans le dĂ©veloppement des nouvelles technologies des casinos virtuels.

Mais d’oĂą cette aversion Ă  l’Ă©gard des casinos? Au Japon, la malepeur des gouvernements envers les jeux de hasard remonte Ă  la pĂ©riode Edo ( 1603-1868), quand la sociĂ©tĂ© japonaise a expĂ©rimentĂ©, Ă  cause des jeux, un terrible dĂ©rapage social. Pour rembourser les Ă©normes dettes qu’ils s’Ă©taient fait aux jeux, un grand nombre de Japonais ont vendu leurs enfants. En consĂ©quence, Ă  la fin du 19ème siècle, le Japon a adoptĂ© une loi rendant les jeux de hasard illĂ©gaux. Au cours des annĂ©es d’après la guerre, Ă  partir des annĂ©es 1950, l’Ă©conomie fleurissante a Ă©tĂ© la bonne source de puiser de l’argent pour l’Etat.

Mais, au dĂ©but des annĂ©es 1990, le ralentissement Ă©conomique a obligĂ© le gouvernement Ă  chercher de nouvelles sources de revenues. L’impĂ´t prĂ©levĂ© sur les jeux et la lĂ©galisation des casinos terrestres et virtuelles pourraient ĂŞtre l’une de ces sources.

L’ouverture est d’autant plus nĂ©cessaire au Japon que les interdictions sĂ©vères ont laissĂ© la voie libre au dĂ©veloppement d’un marchĂ© noir difficile Ă  maĂ®triser. Un bon nombre de tels casinos ont Ă©tĂ© ouverts notamment dans les districts Red Light de Tokyo et dĂ©ploient sans trop d’ennuis leur activitĂ© illĂ©gale. Ce sont de petits casinos qui agissent Ă  l’abri, dans des salons de massage. Ce n’est pas grande chose, mais c’est assez pour satisfaire Ă  l’envie des joueurs.

Compte tenu de tout cela et notamment des recettes fiscales qui engraisseront le budget d’Etat, Ă  part le dĂ©veloppement du tourisme, la question n’est pas de savoir si le gouvernement japonais va ouvrir ses portes Ă  l’industrie des casinos, mais quand! Selon une enquĂŞte rĂ©alisĂ©e par L’Association AmĂ©ricaine des Jeux (AGA), le marchĂ© asiatique des jeux pourrait, d’ici Ă  2012, surpasser de loin le marchĂ© des Etats-Unis.