Dans le monde des pros, la vie n’est pas tellement sans soucis qu’on le croit. Il ne suffit pas d’ĂȘtre un joueur talentueux, il faut ĂȘtre un bon joueur et le bon joueur est celui qui sait aussi comment gĂ©rer ses finances. Et nous voilĂ  au stade de professionnels…

L’histoire et les conseils de Tynan, un joueur professionnel pourraient ĂȘtre utiles Ă  tous qui envisagent de faire du gambling une carriĂšre d’une vie. Bien sĂ»r, c’est une histoire particuliĂšre, et chacun choisit sa propre histoire:

« J’avais 18 ans et j’Ă©tais bizut au collĂšge. Au cours des derniĂšres annĂ©es j’avais fait quelques centaines de dollars par mois de la vente des produits sur eBay. C’Ă©tait beaucoup d’argent pour un adolescent sans frais rĂ©els, mais bien sĂ»r, je dĂ©pensais tout. Mon savoir aux finances personnelles Ă©tait tout au plus flou. Naturellement, j’ai gaspillĂ© tout l’argent que j’ai fait.

Ensuite, par le biais d’une Ă©trange sĂ©rie d’Ă©vĂ©nements, je suis devenu un joueur professionnel. Ca s’est passĂ© rapidement, et bientĂŽt mes «études» ont Ă©tĂ© nĂ©gligĂ©es pendant de longues nuits de blackjack, roulette et vidĂ©o poker. Finalement, j’ai abandonnĂ© l’Ă©cole pour faire vraiment du pognon, et donc j’ai commencĂ© ma vĂ©ritable Ă©ducation financiĂšre.

La gestion des finances dans la vie rĂ©elle ressemble bien Ă  la gestion des finances aux jeux de hasard dans un casino gratuit. J’ai appris plus sur les finances personnelles, la discipline, et sur les mathĂ©matiques au cours de mes six annĂ©es en tant que joueur professionnel que pendant toute autre pĂ©riode de ma vie.

A la fin d’un jeu, le joueur reçoit un paiement. Un paiement de 100% est ce qu’on obtient dans un jeu Ă  des chances Ă©gales de gain , comme si l’on jouait Ă  pile ou face. Personne n’a l’avantage. Un paiement de 99% signifie que le joueur perd, en moyenne, 1% de ce qu’il a gagnĂ©. Un paiement de 101% signifie que le joueur gagnera 1% de plus. Et ceci semble ĂȘtre menue monnaie, mais quand il vient des paris des dizaines de millions de dollars par an, ce 2% entre 99% et 101% fait la diffĂ©rence entre la faillite et une vie trĂšs confortable.

En tant que joueur, je voudrais apporter des changements Ă  mes habitudes. Et ne fĂ»t-ce que 0,5% que j’ai Ă  gagner d’un changement, mais Ă  chaque 0,5% gagnĂ©, je me rends plus proche de la terre promise de 101%. Quand j’ai compris ce concept, je me suis rendu compte que dans la vie, c’est la mĂȘme affaire. Vos habitudes en matiĂšre de dĂ©penses peuvent dans la mĂȘme mesure faire votre bien-ĂȘtre ou vous ruiner – tout comme aux jeux de hasard.

Au dĂ©but de ce mois, La Grande Bretagne et la Malte ont fait Ă©quipe pour empĂȘcher les tentatives de la prĂ©sidence française de l’Union EuropĂ©enne de mettre l’industrie des jeux sous les rĂšglements d’une politique commune.

Ainsi, la France a prĂ©sentĂ©, dans le cadre d’une rĂ©union des ministres de l’Industrie des pays membres, un document de discussion oĂč l’on affirmait « qu’on est dĂ©jĂ  prĂ©parĂ© pour une approche commune ». L’inclusion de ce domaine dans les politiques communes serait, en effet, le signe d’un sĂ©rieux avancement sur la voie de l’intĂ©gration de cette industrie. Mais, pour y aboutir, il faudra faire usage d’arguments pesants.

Dans le passĂ©, on dit, les jeux pourraient ĂȘtre traitĂ©s au niveau national, mais la multiplication des transactions en ligne internationales, rend nĂ©cessaires un nivellement communautaire. « Les dĂ©fis communs identifiĂ©s semblent justifier le dĂ©veloppement d’une approche au niveau de l’Union », Ă©crit le document.

Mais comme sur la question le consensus des 27 membres n’a pas Ă©tĂ© atteint, Charlie McCreevy, le Commissaire au MarchĂ© IntĂ©rieur, a annoncĂ© qu’on n’a pas proposĂ© des rĂšglements communs. La question est politiquement sensible, car elle touche Ă  des recettes fiscales importantes et aux traditions de nombreux pays.

D’autre part, le manque d’une lĂ©gislation et des normes unitaires, met les sociĂ©tĂ©s de jeux et de casino gratuit dans la situation de faire face Ă  bien des obstacles, notamment aux barriĂšres levĂ©es par certains gouvernements devant les casinos en ligne.

La RĂ©publique TchĂ©que, qui prend la prĂ©sidence de l’Union le 1er janvier 2009, a signalĂ© qu’on continuerait le dĂ©bat, mais a Ă©vitĂ© de s’engager d’une maniĂšre ou d’autre. « Ils ont laissĂ© la porte ouverte Ă  l’examen de la question, malgrĂ© la forte opposition de la Grande Bretagne et de Malte », a dĂ©clarĂ© un diplomate qui a assistĂ© Ă  la rĂ©union. Les deux pays, qui sont connus pour leur politique libĂ©rale dans la matiĂšre, ont eu des interventions soutenant que les jeux devraient rester dans la compĂ©tence nationale.

Mais peut-ĂȘtre que cette « compĂ©tence nationale » est Ă©galement la cause qui engendre une jurisprudence trĂšs riche de la Cour de Justice EuropĂ©enne. Ce n’est pas seulement une fois que la Cour a statuĂ© que les restrictions sur les jeux doivent ĂȘtre non-discriminatoires et proportionnĂ©es, et McCreevy a lancĂ© des actions en justice contre 10 Etats membres pour les faire respecter ces dĂ©cisions. Mais, si l’on demande Ă  la Grande Bretagne et Ă  Malte, une politique commune porterait assurĂ©ment la marque des restrictions infligĂ©es par les pays moins « ouverts » Ă  un tel domaine.