Les projets de l’Allemagne de rĂ©glementer le jeu en ligne en Ă©tablissant un impĂ´t trop Ă©levĂ©, ont portĂ© atteinte au prix des actions de plusieurs sociĂ©tĂ©s.

Le 5 avril, les États allemands ont convenu d’adopter la lĂ©gislation qui autoriserait certaines formes de jeu en ligne, tout en contraignant les sociĂ©tĂ©s de jeu de payer 16,7% de leurs paris bruts comme impĂ´t. Les paris en direct seraient interdits par la nouvelle lĂ©gislation. Ă€ l’heure actuelle, les paris en ligne en Allemagne ne sont pas rĂ©glementĂ©s, ni taxĂ©s.

Le prix des actions en Bwin.Party Digital Entertainment a chutĂ© de 16% le mercredi 6 avril et de 9% le jeudi matin. La sociĂ©tĂ© nouvellement crĂ©Ă©e reçoit environ 23% de son chiffre d’affaires du marchĂ© allemand. Les actions du groupe Betfair ont diminuĂ© de 4,8%, mĂŞme si les recettes allemandes reprĂ©sentent seulement environ 5% de son activitĂ©.

Le taux d’imposition proposĂ©, qui entrerait en vigueur l’annĂ©e prochaine, rendrait « intenable » pour un opĂ©rateur de mener lĂ©galement des activitĂ©s dans le pays, disent les analystes. Bwin.Party dit que les règles ne respectent pas le droit communautaire europĂ©en et a demandĂ© aux États de trouver un modèle de rĂ©glementation « en conformitĂ© avec les rĂ©alitĂ©s du marchĂ© ».

Pour l’Allemagne, le risque avec cette lĂ©gislation draconienne, est de ne pas pouvoir trouver ni mĂŞme les opĂ©rateurs disposĂ©s Ă  demander l’une des sept licences que le gouvernement envisage d’accorder.

Le rĂ©examen de la lĂ©gislation allemande surviendra lorsque le traitĂ© inter-Ă©tatique interdisant les jeux en ligne arrivera Ă  terme Ă  la fin de 2011. La Cour europĂ©enne de justice a dĂ©jĂ  constatĂ© que ces règles ne poursuivaient pas l’objectif dĂ©clarĂ© de combattre la dĂ©pendance au jeu. Le principal objectif est plutĂ´t celui de protĂ©ger les loteries nationales et les autres sociĂ©tĂ©s de paris gĂ©rĂ©s par l’État.

Bwin.party est devenu la plus grande sociĂ©tĂ© de jeux du monde, Ă©tant le rĂ©sultat d’une fusion de deux cultures très diffĂ©rentes appartenant Ă  deux gĂ©ants de l’industrie.

La nouvelle entité a été cotée pour la première fois à la Bourse de Londres après la fusion de Bwin, le spécialiste de paris sportifs basé en Autriche, et Party Gaming, basé au Royaume-Uni, qui a longtemps dominé le poker en ligne.

Les deux sociĂ©tĂ©s Ă©taient des « dinosaures de l’industrie », selon l’expression de Norbert Teufelberger, PDG de Bwin. Les points forts de PartyGaming ont Ă©tĂ© le poker, un meilleur contrĂ´le des coĂ»ts et une plus forte emprise sur le marchĂ© amĂ©ricain. Bwin allait apporter sa cote dans les paris sportifs, l’expertise de valorisation de la marque et une meilleure connaissance des marchĂ©s europĂ©ens.

L’un des principaux objectifs de la fusion a Ă©tĂ© de crĂ©er une grille pour concurrencer plus efficacement. Pour 2011, les analystes prĂ©voient des revenus de 841 M €. Sur la scène europĂ©enne, Bwin.party sera deux Ă  trois fois plus fort que ses plus proches rivaux dans l’espace virtuel des jeux. Toutefois,  les deux William Hill et Ladbrokes le dĂ©passent lorsqu’on prend en compte les revenus et les gains de leurs maisons de paris.

De toute façon, la concurrence est acerbe. PokerStars et Full Tilt, les deux grandes entreprises de poker en ligne qui ont dominé le marché du pokerdes États-Unis depuis le départ de PartyGaming, ont également pris des parts de marché dans les territoires européens nouvellement réglementés.

En fusionnant les liquiditĂ©s de poker – en d’autres termes combinant le nombre de joueurs de poker et le montant des enjeux – Jim Ryan (dirigeant de Party Gaming) espère diffĂ©rencier mieux sa marque PartyPoker de PokerStars et Full Tilt Poker sur les marchĂ©s d’Europe.

Dans le proche avenir, Bwin.party s’attend Ă  ĂŞtre dans l’avant-garde des marchĂ©s europĂ©ens libĂ©ralisĂ©s. Mais le groupe porte aussi un grand intĂ©rĂŞt au marchĂ© amĂ©ricain, oĂą des changements sont impatiemment attendus.

Les entreprises amĂ©ricaines se positionnent Ă  la ligne de dĂ©part. Wynn Resorts et PokerStars ont dĂ©jĂ  annoncĂ© une « relation stratĂ©gique », un mouvement redoutable pour les opĂ©rateurs europĂ©ens qui veulent gagner des parts de marchĂ© aux États-Unis.